Modifications du Code de la route pour une meilleure prise en compte
de tous les usagers vulnérables.
Le 16 novembre est paru au Journal officiel du décret n°2010-1390
du 12 novembre 2010 qui introduit dans le Code de la route plusieurs modifications
importantes de sécurité routière.
Les principales mesures ont pour objectif d’assurer : une protection
renforcée des piétons, une meilleure formation des conducteurs
de motocyclette légère et de tricycle à moteur, un
contrôle systématique du débridage des cyclomoteurs,
et une possibilité de « tourne-à-droite » pour
les cyclistes.
Protection renforcée des piétons
La modification apportée au Code de la route pèse sur
le conducteur qui voit le champ de ses obligations élargi mais en
aucun cas les règles que les piétons doivent respecter.
En effet, si auparavant, le conducteur devait déjà céder
le passage à un piéton engagé (après avoir
respecté les règles qui incombent à celui-ci) dans
la traversée d’une chaussée, le conducteur doit désormais
prendre en compte la situation du piéton qui attend, sur le trottoir,
de s’engager (toujours après avoir respecté les règles
qui lui incombent) et qui a manifesté l’intention de le faire (position
du piéton, gestuelle, allure indiquant cette volonté).
Dans ce cas, le conducteur doit céder le passage au piéton
et, si cela est nécessaire, s’arrêter.
Cette modification décline le « principe de prudence »
introduit dans le Code de la route en juillet 2008, qui impose à
tout usager un devoir de protection et d’attention particulier aux plus
vulnérables que lui.
En bref, le piéton doit traverser dans les mêmes conditions
et aux mêmes endroits qu’auparavant.
Le nouveau décret ne modifie en rien les règles générales
du Code de la route que les piétons doivent toujours impérativement
suivre avant de traverser une chaussée :
•emprunter les passages piétons s’il en existe à moins
de 50 mètres. La question des 50 mètres (c’est-à-dire
100 mètres sans passage piétons) était déjà
inscrite dans le Code de la route
•respecter les feux pour les piétons, et ne traverser qu’au
vert piéton
•prendre en compte la distance, la vitesse des véhicules avant
de s’engager dans une traversée
•ne pas traverser une chaussée en diagonale
•lorsqu’il n’existe pas de passage piétons, emprunter la chaussée
dans le prolongement du trottoir, à un carrefour
•ne pas emprunter les voies dont l’accès est interdit aux piétons
(autoroutes, rocades, périphériques...)
7 heures de formation pratique et théorique pour conduire
une 125 cm³ ou un tricycle à moteur
Sécuriser l’usage du deux roues-motorisé est un enjeu
majeur de sécurité routière : en dix ans, la mortalité
concernant cette catégorie d’usagers est passée de 9 à
28 % des personnes tuées sur la route.
Cette situation s’explique en partie par l’augmentation du parc roulant
et par le transfert de bon nombre de titulaires du permis B qui ont abandonné
leur voiture pour un deux-roues motorisé notamment pour la conduite
en ville.
Comme il en avait été décidé en Comité
interministériel de la sécurité routière du
18 février 2010, une formation de 7 heures est mise en place pour
les titulaires du permis B qui souhaitent conduire une motocyclette légère
(de 50 à 125 cm³) ou un tricycle à moteur de plus de
50 cm³ et qui n’en ont pas conduit au cours de ces 5 dernières
années.
Cette obligation entre en vigueur à partir du 1er janvier 2011.
Cette formation spécifique sera dispensée par une école
de conduite ou une association agréée. À l’issue de
cet enseignement, un certificat sera remis par l’école de conduite.
Les usagers ayant assuré et utilisé une motocyclette légère
ou un tricycle au cours des cinq dernières années sont exemptés
de cette formation.
En cas de contrôle par les forces de l’ordre, les conducteurs
de motocyclette légère ou de tricycle à moteur présenteront
soit ce certificat de formation, soit un « relevé d’information
» fourni par leur compagnie d’assurance, attestant de l’antériorité
de la conduite d’un deux-roues motorisé. Le non respect de cette
réglementation sera passible d’une amende de 4ème classe
(135 €).
Objectif majeur
Cette mesure s’inscrit dans une continuité de réformes
qui vise un objectif majeur de sécurité routière :
« pas de conduite d’un deux-roues motorisé sans formation
».
En 1997, le Brevet de sécurité routière (BSR) a
été rendu obligatoire pour les jeunes qui souhaitent conduire
un cyclomoteur dès l’âge de 14 ans. Ce brevet se compose d’une
partie théorique (Attestation scolaire de sécurité
routière de premier niveau) et d’une partie pratique. Depuis le
1er septembre 2004, l’épreuve du BSR a été portée
de 3 à 5 heures.
Le décret du 23 décembre 2006 avait mis en place une formation
pratique de 3 heures pour les nouveaux conducteurs de permis B qui souhaitaient
conduire une motocyclette légère. Cette formation concernait
uniquement les titulaires du permis B obtenu après le 1er janvier
2007.
La nouvelle formation de 7 heures mise en place à partir du 1er
janvier 2011 n’est pas restrictive dans le temps. Elle concerne tous les
titulaires du permis B souhaitant acquérir un 125 cm³, quelle
que soit l’année d’obtention du permis.
Toutes ces mesures permettent d’atteindre progressivement les objectifs
fixés par la troisième directive européenne sur le
permis de conduire. Cette directive prévoit qu’à partir de
2013, la conduite d’un deux-roues motorisé, quel qu’il soit, nécessitera
l’obtention d’un permis.
Pour conduire une motocyclette légère ou un tricycle à
moteur : une formation pratique et théorique de 7 heures
L’objectif de cette formation est de familiariser le futur conducteur
avec ce type de véhicule. Ces sept heures de théorie et de
pratique sont également une occasion unique de réfléchir
au comportement et à la place que chacun occupe au milieu de la
circulation. La formation met en avant l’importance de la prise de conscience
des risques et la nécessité de respecter les règles.
Elle insiste également sur les avantages qu’il y a à adopter
une conduite apaisée, respectueuse des autres et de l’environnement.
2 heures de théorie
Sur les 7 heures de formation, 2 heures sont attribuées à
un enseignement théorique. Son programme débute par une analyse
des accidents les plus caractéristiques impliquant les motocyclettes
légères et les tricycles à moteur. Il se prolonge
avec des conseils qui permettent d’appréhender les pièges
de la route, comme la conduite sous la pluie ou de nuit.
La personne en formation apprend ainsi à se rendre détectable
auprès des autres usagers. Elle est aussi sensibilisée à
l’importance de s’équiper en vêtements protecteurs de qualité
(casque à la bonne taille et attaché, gants, pantalon, blouson
avec dorsale et chaussures montantes). Elle apprend également à
se méfier des risques concernant l’adhérence. Cela va de
l’attention à une flaque de gasoil au passage d’un ralentisseur,
en passant par la présence de gravillons, de peintures au sol ou
de plaques métalliques. Enfin, cet enseignement théorique
aborde les conséquences physiques et physiologiques des chocs sur
les aménagements de la route, y compris à petite vitesse.
2 heures de pratique hors circulation (« sur plateau »)
Ces 120 minutes sont consacrées à la prise en main du
véhicule et aux vérifications indispensables : huile,
pression et usure des pneumatiques, poignée de gaz, système
de freinage... La personne en formation apprend à démarrer
en toute sécurité, à bien positionner son corps pour
assurer un meilleur équilibre grâce à une juste répartition
du poids, à monter et à descendre les vitesses, à
anticiper les manœuvres de freinage et d’évitement et à s’arrêter.
Le futur usager d’une motocyclette légère ou d’un tricycle
à moteur est enfin sensibilisé à bien positionner
son regard avant de virer ou de tourner. Il est ensuite formé à
tenir l’équilibre à petite vitesse avec et sans passager,
en ligne droite et en virage.
Et 3 heures de pratique en circulation
Cette dernière partie de la formation de 7 heures se fait en
et hors agglomération. À l’issue des 180 minutes, le conducteur
doit être capable d’adapter sa vitesse aux circonstances de la circulation,
de choisir la bonne voie, de bien se placer sur la chaussée en fonction
notamment des angles morts des véhicules lourds. Il devra savoir
franchir une intersection, changer de direction et dépasser en toute
sécurité en tenant compte du phénomène d’aspiration.
Il doit enfin savoir négocier un virage en toute sécurité.
Responsabiliser les conducteurs de cyclomoteur et leur famille face
aux dangers du débridage
Les conducteurs de cyclomoteur sont dans leur majorité des jeunes
de 14 ans à 17 ans. Pour ces mineurs, il s’agit d’un premier accès
à la motorisation. Ce passage important doit être l’occasion
d’intégrer de nouvelles règles de conduite et le réflexe
de les respecter, pour préparer ces jeunes à leur future
vie de conducteur adulte et responsable.
Dans le Code de la route, la vitesse des cyclomoteurs est limitée
à 45 km/h. L’augmentation illégale de la puissance permet
à ces véhicules d’atteindre des vitesses beaucoup plus importantes.
Le débridage augmente la dangerosité des engins conçus
pour aller à moins de 50 km/h dès lors qu’ils vont au-delà
de cette vitesse (freinage non adapté, risque de déséquilibre).
Bien que le débridage des cyclomoteurs soit interdit, 50 % des cyclomoteurs
accidentés sont débridés [1].
Il convient donc de responsabiliser toute la chaîne des acteurs
qui entourent ces mineurs au moment de l’achat de l’engin : les vendeurs
de cyclomoteurs, qui sont passibles depuis le 1er janvier 2006 de deux
ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende en cas de débridage
d’un cyclomoteur, mais surtout les parents, qui doivent être pleinement
conscients du danger que leur enfant court en conduisant un engin débridé.
C’est pourquoi, en complément du délit spécifique
de lutte contre la vente d’engins débridés, à compter
du 1er janvier 2011, le conducteur d’un cyclomoteur débridé
sera passible d’une contravention de la 4ème classe (135 €).
Les forces de l’ordre pourront également, en cas de suspicion de
débridage, demander qu’un contrôle du véhicule soit
effectué.
En 2012 sera également instauré un contrôle technique
obligatoire des cyclomoteurs, centré sur la vérification
du bridage du moteur.
Les déplacements à vélo facilités : les
cyclistes autorisés à tourner à droite au feu rouge
à certaines intersections
À certains carrefours présentant des caractéristiques
précises, signalés par un nouveau panneau, les cyclistes
seront autorisés à franchir le feu rouge afin de leur permettre
de poursuivre leur chemin vers la droite. L’application de cette mesure
n’a cependant rien d’automatique. C’est le maire qui décidera d’instaurer
ou non le « tourne-à-droite » pour les cycles sur certains
itinéraires, à des intersections choisies présentant
toutes les conditions de sécurité. Cependant, lorsque la
signalisation n’indique pas de « tourne-à-droite »,
les cyclistes devront s’arrêter au feu rouge. Dans tous les cas,
les cyclistes ont l’obligation de céder le passage aux piétons
qui traversent la chaussée.
Source: Sécurité routière
ARCHIVES
Haut
|