18 février 2010 - Comité interministériel
de la sécurité routière (CISR)
Le Premier ministre, François FILLON, a présidé
jeudi 18 février 2010 un Comité interministériel de
la sécurité routière (CISR).
Les 14 mesures décidées en CISR portent sur des actions
de prévention et de répression des infractions les plus graves
et répondent à 6 objectifs majeurs.
1. Combattre l’alcool et la drogue au volant
Afin d’augmenter les contrôles d’alcoolémie au volant,
les véhicules de service de la Police nationale et de la Gendarmerie
nationale seront équipés de 5 000 éthylomètres
électroniques (soit 1 800 de plus qu’aujourd’hui) à compter
de 2010.
100 000 tests salivaires par an de contrôle de stupéfiants
seront réalisés par les forces de l’ordre (contre 63 500
aujourd’hui). Les contrôles « stupéfiants » aléatoires
concerneront l’ensemble des automobilistes et seront donc possibles sur
réquisition du procureur de la République, au même
titre que les contrôles d’alcoolémie.
Les frais de dépistage médicaux qui confirment ces tests
salivaires positifs seront désormais à la charge du contrevenant
et non plus du ministère de la Justice.
Les débits de boissons (cafés et restaurants ayant une
licence qui permet la vente d’alcool ou détenteurs de licence temporaire)
mettront à disposition de leurs clients (gratuitement ou moyennant
paiement) des éthylotests chimiques ou électroniques certifiés
pour permettre aux clients de tester leur alcoolémie avant de reprendre
le volant.
2. Dissuader les excès de vitesse
Les panneaux n’annonceront plus seulement un dispositif radar fixe
mais une zone plus vaste de « contrôles radar fréquents
», pour éviter que certains automobilistes ne ré-accélèrent
juste après le passage du radar.
100 radars « vitesse moyenne » qui contrôleront le
temps de parcours moyen sur une distance de quelques kilomètres,
dans des zones sensibles (franchissement de tunnels ou de ponts, abords
de chantiers, virages ou descentes dangereux, etc.) seront déployés
à partir de 2011.
3. Sanctionner plus sévèrement les grands délits
routiers
Les conducteurs ayant commis une infraction grave au Code de la route
(conduite sans permis ou sans assurance, récidive de conduite en
état d’alcoolémie illégale, conduite sous l’influence
de stupéfiants ou grands excès de vitesse) verront leur véhicule
immédiatement immobilisé et placé en fourrière
pour une durée de 7 jours au maximum, sur simple décision
du préfet.
Les auteurs de délit de fuite, notamment suite à un accident
grave avec ou sans blessés, pourront désormais être
condamnés à 3 ans de prison et 75 000 euros d’amende (contre
2 ans de prison et 30 000 euros d’amende aujourd’hui). Les délits
de fuite constatés par les forces de l’ordre ont augmenté
de 31 % en 7 ans.
4. Sécuriser l’usage des deux-roues motorisés
Le débridage des cyclomoteurs est interdit. Or, il s’avère
que 50 % des cyclomoteurs accidentés sont débridés
[1]. Le CISR a décidé de créer dans le Code de la
route une infraction spécifique punie d’une amende de 135 euros
pour les conducteurs de cyclomoteur débridé et aussi de renforcer
les contrôles. Le CISR s’est également engagé à
développer une campagne de communication sur les risques encourus
par les utilisateurs de véhicule débridé.
Un contrôle technique obligatoire périodique est imposé
pour vérifier le bridage des cyclomoteurs, à compter de la
deuxième année de mise en circulation. Il est aussi prévu
d’étendre aux cyclomoteurs le dispositif d’expertise prévu
par le Code de la route en cas d’accident grave. Ces mesures devront garantir
un parc roulant respectant les normes de sécurité.
Tout détenteur d’un permis B, qui fera assurer pour la première
fois une motocyclette légère (de 50 à 125 cm³)
ou un tricycle à moteur, devra suivre une formation obligatoire
de 7 heures.
Les équipements d’aménagement de la route devront être
moins dangereux pour les deux-roues motorisés. Des matériaux
moins rigides, déformables ou détachables, seront utilisés
pour les supports de signalisation, d’éclairage routier ou de feux
tricolores pour, en cas d’accident, amortir le choc. Une expérimentation
est en cours en Seine-Maritime et dans l’Allier.
5. Sensibiliser les futurs conducteurs
Le ministère de l’Éducation nationale, en lien avec la
Délégation à la sécurité et à
la circulation routières (DSCR), va mettre en place un cadre de
sensibilisation des lycéens. Il sera élaboré en partenariat
avec les organismes qui interviennent déjà dans les établissements
scolaires et les universités, par convention avec le ministère
de l’Éducation nationale. Cette mesure prise par le CISR doit aussi
permettre de faciliter l’accès des lycéens au « permis
à un euro par jour » ou le développement de la conduite
accompagnée.
6. Prévenir le risque routier professionnel
En 2008, la CNAMTS (qui couvre 80 % des assurés sociaux) indiquait
que près de la moitié des décès dans le cadre
du travail sont dus à des accidents de la route (469 sur 956 personnes
tuées). L’État s’engage également à mettre
en place, sous un an, un plan de prévention du risque routier professionnel
pour ses agents. Les entreprises sont également concernées
: elles sont invitées à négocier un plan de prévention
du risque routier professionnel (entreprises de plus de 500 salariés),
à ouvrir des négociations interprofessionnelles.
Le Premier ministre a également signé, à l’issue
du Comité interministériel de la sécurité routière,
une convention-cadre avec la Fédération française
des sociétés d’assurances (FFSA) et le Groupement des entreprises
mutuelles d’assurances (GEMA), pour fixer quatre priorités à
l’action des sociétés et des mutuelles d’assurances en matière
de sécurité routière pour les prochaines années
:
•la formation à la conduite tout au long de la vie,
•la prévention du risque routier professionnel,
•la sensibilisation aux risques « alcool et stupéfiants
au volant »,
•la protection des usagers de deux-roues motorisé.
Source: Sécurité routière
RETOUR ARCHIVES
Haut
|